Comprendre sa motivation pour se booster et s’aligner avec soi.

Comment définissez-vous la motivation ?
Pendant longtemps j’avais paradoxalement une idée précise du concept sans pour autant savoir la formuler clairement. La motivation est pourtant l’ingrédient le plus important du succès. En effet, à y regarder de plus près, la réussite n’est pas forcement dû à des capacités innées de l’individu mais surtout à sa volonté farouche d’exceller dans un domaine. Il apparaît donc primordial de comprendre sa motivation et de savoir agir sur ses composantes, c’est d’une part s’offrir l’opportunité de moduler l’intensité de son engagement et d’autre part de s’aligner d’avantage avec soi et ses besoins.

La motivation processus d’engagement

Pour commencer un petit cours d’histoire sur le concept de motivation et son étude.
Du latin « motivus », mobile, elle suggère l’idée de mobilité, une volonté de se mouvoir et d’agir.

  • D’après la théorie de premiers psychologues, aux alentours de 1950, la motivation serait lié au désir de satisfaire partiellement ou totalement une pulsion.
  • Chez Maslow (1970), ces désirs prennent la forme des besoins fondamentaux de l’individu.
  • Dans les années 60 le modèle de motivation Mc Clelland-Atkinson apparaît comme une notion incontournable de la compréhension du phénomène de motivation. Il repose sur le modèle antagoniste d’approche-évitement :

La participation = Motivation intrinsèque – La peur de l’échec

Jusque-là c’est aussi simple que se faire des crêpes, l’engagement d’un individu fait suite à l’expression de ses besoins et se trouve être le résultat de la différence entre sa volonté de se lancer dans une situation d’accomplir (approche) et celle de renoncer à cette situation (éviter). Lorsque la motivation est insuffisante la volonté reste au stade « d’envie ». Vous l’aurez compris la motivation est un processus d’engagement dont il est simple de définir le sens. Ses mécaniques et sa nature n’en restent pas moins plus complexes qu’ils n’y paraissent.

Les ingrédients de la motivation

« Qu’elle est ta définition de la motivation ? » Étrangement lorsque je pose la question on me répond souvent la même chose. En réalité parmi les sentiments dont elle se compose, peu sont perçus si l’on n’y prête pas une attention spécifique. Nous pouvons la voir comme une recette de cuisine où il ne suffit pas d’avoir un bon aliment principal pour faire un bon plat. Ainsi la motivation parfaite se compose de 6 ingrédients ayant tous leur importance :

Les aliments principaux, ceux qu’on repère facilement :

  • Le sentiment de Plaisir : Les sensations positives que cela m’apporte de le faire. Qu’est ce qui me donne du plaisir à accomplir ce que j’ai entrepris ?
  • Le sentiment d’Engagement : Quel est le sens de mon action. Pour qui, pour quoi et pourquoi est-ce que je fais ça ?

Les condiments, un peu plus subtiles :

  • Le sentiment de Compétence : Sentiment d’être à la hauteur de la tâche. Est-ce que je me sens capable au niveau qui est le miens ?
  • Le sentiment de Progrès : Ai-je le sentiment de progresser, de me rapprocher d’un but, d’être d’avantage compétent dans ce que je fais, d’obtenir du résultat ?

Le coup de main, qui fait la différence mais auquel on ne songe pas nécessairement :

  • Le sentiment d’Autonomie : Sentiment d’avoir un libre arbitre, de ne pas agir sous la contrainte. Puis-je faire tout ou partie de l’action à ma façon ?
  • Le sentiment d’Appartenance : Intégration dans l’environnement au sens large. Est-ce que j’ai l’impression de faire partie d’un groupe, d’une institution, d’une cause ? Ce que je fais est-il reconnut par mon entourage ?

Lorsque la majorité de ces six sentiments sont présents, il est possible de se questionner sur un septième sentiment permettant d’atteindre le stade d’hyper motivation. Dans notre recette de cuisine ce serait le petit plus secret de grand mère, qu’on ne pourra jamais égaler (et qu’il va falloir remplacer par notre petit plus secret à nous) :

  • Le Sens fondamental : Il s’agit du sens profond. Qui suis-je à travers cette action ? Qu’elle image cela me donne de moi ? En quoi est-ce indispensable à ma vie ?

Plus vous aurez des sentiments délaissés où faibles, plus votre motivation aura une chance de flancher, se traduisant par l’inaction (dont fait partie l’envie) ou l’abandon. Inversement plus ces sentiments seront présents plus la motivation sera grande jusqu’à même pouvoir atteindre un stade d’hyper motivation.

Un homme s’adresse à son idole :

« – Je donnerais ma vie pour jouer de votre instrument comme vous le faites. »

le musicien souri et répond :

« – Quelle coïncidence, c’est exactement ce que j’ai fait. »

Les sources de motivation

Lorsque ce que je pense (mes idées), ce que je dis (mes paroles), ce que je fais (mes actes), ce que je ressens (mes sentiments) vont dans le même sens, je me sens aligné. Clarifier ses sources de motivation permet de faire le point sur son alignement en répondant à la question : « Qu’est ce qui m’anime dans ce que je fais et comment je le fais ? ».

Tout comme il y a plusieurs sentiments ingrédients de la motivation, chacun peut tirer ses origines de sources qui se différencient par leur nature.
« Attention terme techniques à l’horizon cap’tain ! « 

L’Amotivation :

C’est le plus bas niveau de source de motivation. A ne pas confondre avec la démotivation. Une personne amotivé ne sait pas pourquoi elle fait l’activité en question et juge que ça ne lui apporte rien. C’est un cas extrêmement rare car quelqu’un d’amotivé ne se donne généralement pas la peine de « faire ». On peut voir l’amotivation comme un état de transition bref vers l’abandon ou la progression vers un niveau de motivation plus élevé.

« Je courrais toujours pour aller partout, mais je ne pensais pas pour autant que ça allait me mener quelque part. » 

Forest Gump

La motivation intrinsèque :

Elle est issue d’un désir spontané et vient de l’intérieur. « Je le fais pour moi » . Elle peut être stimulée : par l’envie de connaissance, je veux acquérir une ressource qui me servira à accomplir une tache, par l’accomplissent, je veux assouvir mon désir d’achever une entreprise, par le plaisir, pour l’effet agréable que je ressens.

La motivation extrinsèque :

Celle ci vient de l’extérieur. Cependant la motivation est mouvante. Une source de motivation peut évoluer progressivement, glisser vers une autre. On dissocie donc différents niveaux de motivation extrinsèque. Plus celui-ci se rapproche de la motivation intrinsèque, plus on dit qu’elle est « intégrée ».

Externe: plus faible intégration de la motivation. Celle ci provient intégralement de l’extérieur. C’est le cas de l’étudiant qui fait des études uniquement pour faire plaisir à ses parents.

Introjectée : A ce niveau de motivation on commence à percevoir l’intérêt de notre action mais il subsiste encore une notion d’incertitude. Par exemple je suis la formation à laquelle mon patron m’a inscrit et je perçois l’utilité qu’elle pourrait avoir dans mon travail mais je ne suis pas certain que cela l’améliorera pour autant.

Identifiée : A ce stade on se lance dans une activité car on sait clairement qu’elle nous sera essentielle pour atteindre un autre but. C’est là celle du sportif qui ne se contente plus du renforcement musculaire propre à son sport et qui se lance dans la musculation car il est certain que ça lui permettra d’atteindre les performances visées dans son sport d’origine.

Intégrée : A ce niveau, les comportements régis par des forces extérieurs sont parfaitement intégrés et procurent un sentiment d’investissement personnel. Il se confond quasiment avec la motivation intrinsèque. (interne)

Comprendre sa motivation un outil à ne pas sous-estimer

Désormais vous avez une base solide afin d’appréhender le phénomène de motivation dans son ensemble. Vous êtes paré pour y prêter une attention plus aiguë et agir sur son mécanisme. En préparation mentale, savoir agir sur sa motivation fait partie de ce qu’on appelle « les habilités psychologiques de base », un outil précieux qui permet d’atteindre un haut niveau d’énergie et d’engagement. Améliorant d’autant les chances de réussite pour vos entreprises personnelles.

Dans quel cas peut-il être utile de se pencher sur sa motivation ?

  • Lorsque vous vous sentez dans un haut niveau de motivation ou hyper dynamique : cela vous permettra d’identifier des éléments moteurs que vous pourriez à l’avenir intégrer dans d’autre contexte moins motivants.
  • Lorsque vous ressentez un bas niveau de motivation, en désaccord avec vous même ou hésitant : repérez les poids morts pour vous en libérer et savoir les éviter à l’avenir.

Sur quoi agir et comment s’y prendre ?

  • Identifiez vos réelles sources de motivation. S’agit-il de l’envie d’un autre ou poursuivez vous réellement vos propres désirs ? Pour qui et pour quoi faites-vous cela ?
  • Évaluez les 6 sentiments de la motivation : pour chacun d’eux exprimez les raisons pour lesquelles vous les évaluez ainsi.
  • En cas de faible motivation et de sentiments « bas », tentez au mieux de remplacer les éléments négatifs par des éléments positifs sinon d’y intégrer des éléments positifs.

Maintenir la majorité de ces 6 sentiments au plus haut vous assurera de grande chance de tenir la distance.

  • Bonus : si la majorité des 6 sentiments sont au beau fixe questionnez vous sur le sens fondamental, le septième sentiment. Lorsque vous l’aurez trouvé, le garder garder à l’esprit vous permettra d’accéder à un état d’hyper motivation. 😉

La motivation au cœur de nos comportements

Écoutez les sportifs de légende. De leur discours ressort systématiquement ce fait: « Ça n’est pas par mes capacités innées mais par la force de ma volonté que j’ai atteins ce stade de maîtrise » . La motivation est en lien direct avec votre volonté. Elle est au cœur de vos comportements et de votre énergie. Elle conditionne notre passage à l’acte et notre persévérance. Autant de raisons qui justifient qu’on y prête la plus grande attention.

Si vous interrogez votre entourage vous remarquerez que très peu de personnes se penchent en détails sur leur motivation, en gardent une conception vague et n’en connaissent pas les rouages. Et si pourtant, à une époque ou il est simple de se couper de soi, se pencher sur sa motivation ouvrait des portes insoupçonnées ? Qu’en dites vous ?

Article par Fabien Botella Coaching tous droits réservés