Comment la pression psychologique agit-elle sur notre attention ?

Lorsque notre concentration n’est pas optimale la pression psychologique peut venir perturber notre attention. Ainsi notre faculté à traiter l’information et à prendre les bonnes décisions s’en trouve diminuée. Comment la pression agit-elle donc sur notre attention ?

Pour bien profiter de cette article il est conseillé d’en lire la première partie. Bonne lecture !

Les effets nuisibles de la pression psychologique

Qui n’a jamais vue quelqu’un en plein craquage ? Le craquage c’est la détérioration critique de l’exécution des processus habituels, en raison d’une élévation du niveau d’anxiété face à la pression perçue, et débouchant sur une performance médiocre. Sans aller jusqu’à ce stade, la pression limite notre capacité de traitement des informations, résultat elle nous déstabilise dans nos décisions et dégrade notre faculté à exécuter correctement une tâche. Comment sous la pression, notre cerveau peut-il être saturé au point de ne plus pouvoir penser et agir de façon optimale ? Une partie de la réponse à travers 3 théories complémentaires.

Théorie de l’efficacité de traitement de l’information

C’est une théorie de distraction très simple. La pression surcharge la capacité de traitement et de stockage de l’information. L’effet concret est de réduire la capacité de traitement des signaux propices à l’exécution de la tâche. C’est ici intéressant de prendre conscience que l’on a qu’un seul cerveau pour gérer toutes les sphères de notre vie.  » Tu comprends le truc ? « , les vases communicants touçatouça… Quand ça ne va pas à la maison je suis moins efficace au travail. Il en est de même lorsque nous sommes sous pression. La place allouée aux informations utiles se réduit.

Sous pression on peut oublier purement et simplement certains éléments d’un problème quand bien même on essaie de faire de son mieux pour s’en sortir.

Notons tout de même un fait important. La pression et l’inquiétude renforcent les efforts fournis, ce qui compense en partie l’altération de la performance. L’effet négatif de la pression psychologique sur le traitement de l’information serait bien pire si cette compensation n’existait pas.

Théorie du contrôle de l’attention

Cette théorie de la distraction n’est pas une alternative mais une extension de la théorie de l’efficacité de traitement de l’information. Elle part du principe qu’en plus de perturber l’efficacité de traitement, la pression psychologique perturbe l’équilibre entre 2 systèmes d’attention : le système axé sur l’objectif et le système axé sur les stimulis.

En plus d’augmenter l’influence qu’a le système axé sur les stimulis en les exagérant, la pression diminue l’efficacité à se concentrer sur les stimulis les plus pertinents ainsi que l’attention que l’on porte à l’objectif à atteindre. On a donc tendance à porter notre attention sur des stimulis flagrants et pas forcement pertinents. En plus de ça nous avons tendance à en amplifier notre perception et à surestimer son importance.

Lors d’un penalty au football, le joueur pourra avoir tendance à porter son attention sur le gardien de but (stimuli évident) plutôt que sur la zone de tir.

Théorie du traitement conscient

Enfin la dernière théorie qui diffère des deux précédentes. Le traitement conscient, d’après lequel la pression augmente le niveau de conscience de soi. Ainsi ceci nous pousse vers une focalisation interne de l’attention et une centration sur nous même dans nos comportements. Concrètement ça donne quoi ? D’une part cela nous incite à contrôler de façon consciente des tâches ou des schémas moteurs auparavant automatiques. Ce mécanisme nous renvoie un peu au phénomène d’effet ironique et de traitement explicite. La surcharge crée un état propice à l’intégration de pensées « erronées » ou « négatives » ce qui peut nous pousser à vouloir forcer le contrôle et donc l’attention à devenir interne. Comme nous l’avons vue celle-ci est parfaite pour l’apprentissage mais nuit à la fluidité de l’exécution. D’autre part la centration sur soi exacerbe les émotions et les ressentis, pouvant donc accentuer certaines émotions et sensations indésirables comme la peur, la frustration, la fatigue, la douleur. Autant d’informations supplémentaires à gérer qui s’ajoutent à la charge mentale.

Une pression limitante si on la laisse faire

La pression a un effet direct sur notre capacité à traiter de façons constructive l’information. Lorsque celle-ci à trop d’effet, c’est le craquage ! Les expériences ne permettent pas de trancher sur une théorie dominante par rapport aux autres. En fonctions des études les résultats penchent en effet vers l’une ou l’autre pour expliquer le phénomène de craquer sous la pression. On peut en conclure que ces trois théories sont d’importance égales. Alors que pouvons nous entreprendre pour éviter de craquer ? La réponse est simple : en augmentant notre faculté à nous concentrer et cela passe par une bonne maîtrise de notre attention. Comment faire ? Par quoi commencer ? Nous y répondons dans notre prochain article.