La « Zone », le « Flux », le « Flow » : l’état de performance optimal

Sportifs et artistes en ont déjà entendu parler si ce n’est pas qu’ils l’aient déjà eux même expérimentés. Peu importe le nom qu’on lui donne, la « zone », le « flux », le « flow », c’est leur rêve que de pouvoir atteindre cet état mental qui mène à des performances exceptionnelles. Mais qu’est ce que la « zone » exactement ? Existe il un moyen de l’atteindre sur demande ? C’est ce que nous allons essayer d’éclaircir ensemble.

Il est dans la « zone », mais c’est quoi la « zone » ?

Le « Flow », la  » Zone ». Certains la décrivent comme « Une sensation d’euphorie qui efface le doute et la fatigue ». On peut aussi trouver la définition suivante : « c’est un état mental atteint par une personne lorsqu’elle est complètement plongée dans une activité et qu’elle se trouve dans un état maximal de concentration, de plein engagement et de satisfaction dans son accomplissement. Fondamentalement, le flow se caractérise par l’absorption totale d’une personne par son occupation.  »

En soit cette définition correspond bien à la réalité. Tiger Wood, Mickael Jordan, Pelé, Ayrton Senna ne sont que quelques exemples de sportifs célèbres ayant témoignés d’un état mental dans lequel tout devient instinctif. Un état auquel fut associé une performance extra ordinaire au sens propre, même pour leur niveau de compétence respectif.

Nous citons ici des sportifs particulièrement talentueux dans leur domaines. Cependant cet état n’est pas réservé à l’élite et tout un chacun peut faire l’expérience d’être dans la « zone » lors d’une activité. D’ailleurs les symptômes sont les mêmes pour tous :

  • Extrême concentration
  • Lecture intuitive des informations extérieures
  • Exécution instinctive et presque inconsciente des taches
  • Cerveau en mode de « non-interférence »

Bien qu’associé généralement au domaine du sport, cet état est également remarquable dans les domaines artistiques, musiciens, acteurs, artistes et chez certains autres professionnels comme les chirurgiens, les militaires, les avocats pour ne citer qu’eux.

Entendons nous bien, ça n’est pas quelque chose qui vous permettra d’être ce que vous n’êtes pas. Autrement dit si vous n’avez pas les ressources sur l’instant, cela ne vous permettra pas d’atteindre le niveau d’un cadors de votre discipline. Cela dit , si vous entrez dans le « Flow », c’est tout de même ce dont vous aurez l’impression. 😉

La zone, c’est simplement le plus parfait état mental atteignable par tout un chacun et ainsi accomplir une performance déterminante, c’est a dire, bien au dessus de la moyenne compte tenu du contexte.

« J’étais déjà en pole position […] et je continuais. Tout à coup j’avais deux secondes d’avance sur tout le monde, même sur mon binôme qui avait la même voiture. Et tout à coup j’ai réalisé que je ne conduisais plus la voiture consciemment. Je la conduisais comme instinctivement, mais j’étais dans une autre dimension. J’étais comme dans un tunnel. Pas seulement dans le tunnel sous l’hôtel : tout le circuit était un tunnel. Je continuais et continuais, encore et encore et encore et encore. J’avais largement dépassé la limite mais j’étais toujours capable de trouver plus. »

Ayrton Senna

Trouver le « Flow », atteindre la « zone ».

Comment éteindre la « zone » ?

Contrairement à l’ancrage qui permet d’associer une stimulation à un état émotionnel et de le retrouver de façon quasi instantané, entrer dans l’état si particulier et complexe du « Flow » est un phénomène diffus.

En premier lieux il faut avoir conscience que vos chances seront d’autant plus grandes que vous posséderez le potentiel et les capacités physiques ou techniques. D’un autre coté il vous faudra une excellente maîtrise de vous même.

Désolé, fini les lancer de raquette à travers les gymnases et les râleries contre le type qui se mouche dans le publique au premier rang… Car pour mettre toutes les chances de votre coté vous devrez travailler deux secteurs spécifiques :

  • La manipulation de l’attention et de la concentration
  • La gestion de l’humeur et des sentiments

Bande de petits impatients retenez les chevaux, nous irons au fond des choses très prochainement dans des articles dédiés. 😉
Cependant nous pouvons déjà évoquer un point important sujet à l’attention et la concentration : l’entrave du contrôle conscient. L’état de flow, cela doit « venir seul ». La preuve, souvent les sportifs l’évoquent comme une prise de conscience : « D’un coup je me suis rendu compte de l’état dans lequel j’étais ». Il faut donc le favoriser au maximum et ne pas en faire un objectif en soit.

Percevoir le rythme en toute chose.

Je ne saurais que vous recommander la lecture du « Traité des cinq roues », d’autant plus si vous êtes sportif. Écris en 1645 par Miyamoto Musashi, ni plus ni moins que le plus grand épéiste de son temps dont l’œuvre fait partie de l’héritage spirituel japonais qu’est le Bushido, « la voie du samouraï ».

On retrouve dans le Traité des cinq roues les préceptes de la Voie que doit suivre le guerrier aguerri. Si l’on met de coté le fait que 2 personnes essaient de s’éventrer avec une arme blanche, Musashi évoque le rythme. Encore un vieux (sage) qui bredouille des trucs fumeux me direz vous. Oui oui c’est exactement ça, restez calme, cela va faire sens. Mais écoutons d’abord le vieux (sage) :

« Dans toute chose il y a rythme. […] l’existence du rythme est clair dans la danse, la musique et les instruments de musiques. […] Tant que le rythme est là l’exécution est bonne. […} Dans les domaines des arts militaires tout obéit au rythme et à la cadence. Dans tout les arts et techniques on ne peut aller contre le rythme. […} Dans les affaires abstraites également |…} la vie d’un samouraï. Elle peut se décomposer en rythme. […} Il en va de même pour celle d’un commerçant. »

– « Traité des cinq roues », Miyamoto Musashi

Développons ! Si dans toute performance, au sens large, il y a combat et opposition, alors dans l’affrontement se créer un échange au rythme des protagonistes. Comme une danse qui se met en place. Les actions de l’un entraînent des réponses de l’autre. Des schémas se dessinent. Accélération, ralentissement, pause, explosion, coupure. Notons d’ailleurs que plus l’habileté de chacun est élevée et profonde, plus il est complexe de percevoir leur rythme propre.

Musashi fait appel à un arsenal de concept s’appuyant sur la pensée, la visualisation et l’éveil dans l’unique finalité de « percevoir le rythme du combat et de l’adversaire ». Il affirme qu’une fois ce rythme perçu, la bataille est gagnée car on sait alors le briser à volonté par notre propre rythme, ce qui revient en pratique à prendre son adversaire hors garde et le pourfendre.

Concrètement prenons un acteur de théâtre sensible au trac. Il est face à lui même et combat ses pensées négatives pour éviter à tout prix de craquer. En percevant ses schémas de pensées et la façon dont ils se développent il peut adapter son comportement pour court-circuiter le processus et conserver ses moyens. Lorsqu’il est en train de jouer la même chose se produit avec la pression de la scène.

« Dans les combats il faut connaître les rythmes de chaque adversaire et il faut se mettre au rythme inattendu de l’ennemi. Alors on peut vaincre ses adversaires en se mettant sur un rythme « vide » en partant d’un rythme né de l’intelligence. »

« Traité des cinq roues », Miyamoto Musashi

La « zone » optimale d’expression de l’énergie.

Musashi n’a t-il pas raison ? Ne conseil t-on pas aux artistes de se laisser aller (au flow de leur énergie) ? Ne dit-on pas souvent au sportif « d’imposer leur rythme » ? Inconsciemment nous cherchons tous à le faire par la force. C’est se reposer sur sa force brute. Il faut alors espérer qu’elle soit à la hauteur. Cependant qu’en est il lorsque cela ne suffit plus ? Lorsque l’adversaire résiste par ses propres forces. Dans ce cas, comme le dit Musashi, notre éveil doit nous permettre de percevoir le rythme à adopter pour remporter la victoire, et, tandis que tous nos sens son tournés dans cet unique but en chaque instant, ne serions nous pas alors dans ce que l’on appel la « zone » ? Comme le dit Musashi : « Réfléchissez y bien. »

« Ne frappe pas pour gagner, frappe après avoir gagné. »

« Traité des cinq roues », Miyamoto Musashi

Article par Fabien Botella Coaching tous droits réservés

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