Méditer sur ses comportements pour éviter de perdre la boule.


Nous sommes le 20 Mars 2020, dehors un virus sème la pagaille. Épidémie oblige, tous ou presque sommes à la maison et notre quotidien s’en retrouve chamboulé. Les partages sur les réseaux sociaux se multiplient, de personnes devenant dingues à être enfermées chez elles. Certes nous devons subir certaines répercutions de ces événements, cela dit, c’est aussi l’occasion d’arrêter d’en subir d’autres car se retrouver plus ou moins seul et enfermé, coupé de nos habitudes, cela fait cogiter et ressentir tout plein de choses. Un contexte propice à la prise de recul et la remise en question. Alors profitons en pour méditer sur soi et notamment sur nos comportements quotidiens. Pensée spéciale pour tous ceux qui ne savent pas ralentir et y sont bien obligés.

Les limites

Nos vies bougent, s’agiter ne veut pas dire bouger avec elles

Tous les jours nous décidons d’adopter des schémas de comportements. Le fait est que, chacun, nous intégrons progressivement des manières d’agir, de penser, de réagir, que nous finissons parfois pas considérer comme immuables. La faute au petit train-train de notre vie qui endort notre volonté de changement et automatise une grande partie de nos actions et de nos réactions. Mais qu’en est-il réellement ?

Aujourd’hui je suis tombé sur le témoignage d’une jeune dame qui semblait, comme beaucoup d’autre en ce moment, mal vivre son isolement, nous partageait ses pensées et ses prises de consciences.

« Depuis le confinement, chaque matin j’ai un réveil de plus en plus matinal »
« Je sens une boule au ventre qui ne semble pas s’évacuer »
« Hier à 7h je faisais mes vitres »
« Je prends conscience que je fonctionne bien quand je sens par moment, de l’urgence.  »
« Tout va bien dans mon boulot, je n’ai pas d’urgence imposée de l’extérieur, mais moi, je m’en mets. Métaboliquement je fonctionne comme ça »

Hum-hum… Intéressant mon cher Watson, intéressant… Vous avez dit besoin d’adrénaline et de « speed » qui plus est ?

De l’importance de méditer sur nos comportements quotidiens

« Métaboliquement je fonctionne comme ça »… Je suis comme ça…

Par chez nous les coachs, c’est ce que nous appelons une limite, celles-ci même qui conditionnent l’espace que nous octroyons à nos comportements vis-à-vis de ce qu’il y a de l’autre côté : le monde et les autres. Identifier nos comportements c’est en repérer les limites, chose importante, car lorsque nos limites ne sont pas respectées, on se retrouve dans l’inconfort. On a le sentiment d’être étouffé, que quelque chose nous oppresse et vient perturber notre liberté d’action. Comme si l’on se faisait envahir. Et c’est bien le cas… Quelque chose se permet de traverser nos limites, d’introduire nos frontières pour prendre de l’espace et imposer des règles qui ne sont pas notre. Nous ne saurions le tolérer sans attestation dérogatoire !

Des lors nous obliger à rester à la maison alors que nous devons occuper nos journées vite vite vite. Cela devient problématique.

D’autre part, une limite est-elle bonne ou mauvaise ? La question est légitime et la réponse dépend. Les limites encadrent nos comportements et sont liées à nos besoins. Il est vital de répondre à ses besoins ! Néanmoins en fonction du contexte, une limite peut être aidante ou limitante, peut nous aider à agir de la meilleure manière ou inversement nous enfermer dans des comportements inadaptés et restreindre nos capacités d’actions.

De l’importance de répondre à ses besoins mais de mouvoir ses limites

N’y a-t-il qu’une seule manière de répondre à un besoin ? Probablement pas. Je dirais même qu’il en existe sûrement une multitude, plus ou moins adaptées en fonction de notre contexte. Il est évident qu’une limite posée est utile à un moment donné. Là où le bât blesse c’est que le contexte et nos besoins évoluant en permanence, elle peut devenir obsolète et entrer en conflit d’intérêt avec d’autres éléments de notre vie. Vous comprendrez à partir de là qu’il est primordiale de remettre en question ses comportements, d’en comprendre les limites et d’évaluer si celles-ci sont vraiment adaptées à ce que nous vivons à l’instant présent.

Je dirais même plus qu’il est très important de bien comprendre à travers nos comportements, d’où viennent nos limites, afin de s’assurer qu’elles aient été posées pour répondre au bon problème. Car derrière tout besoin se cache quelque chose. En effet lorsque certaines limites semblent impossibles à bouleverser malgré leurs aspects étouffants, c’est qu’il est temps d’aller au cœur des choses. C’est le moment de régler ce problème de confiance en vous, de prendre en main ces peurs ou cette croyance, ce genre d’aspects qui sont à l’origine d’une limite. Lorsque vous parviendrez à régler ces problèmes de fonds, le champ des possibles s’ouvrira de nouveau.

« Comment est-ce que je réagis dans cette situation ? »
« Qu’est-ce que cela m’apporte aujourd’hui dans ma vie ? »
« A quel besoin cela répond-il ? »
« Pour quelles raisons est ce que je ressens ce besoin ? »
« Qu’est-ce que je veux faire pour changer les choses ? Y a-t-il quelque chose de plus adapté que je puisse entreprendre ? »

Voilà un questionnement que nous devrions prendre le temps d’avoir dans nos vies. Comme une petite pause pour admirer le paysage, s’assurer qu’on ne se perd pas en chemin, ou mieux, regarder s’il n’y en a pas d’autres beaucoup plus sympas à arpenter.

Apprendre à bouger ses limites c’est apprendre à respirer

A chaque instant le monde évolue, votre entourage évolue, vos relations avec les autres évoluent, votre situation personnelle et professionnelle évoluent. Un changement plus ou moins perceptible mais constant. Plus vos limites resteront figées, plus elles auront de chances de devenir inadaptées. Cela vaut donc le coup de les remettre en question régulièrement, de se questionner sur leur sens profond et de conserver des limites mouvantes.

Prendre l’habitude de mouvoir ses limites, c’est comme apprendre à reprendre sa respiration. Cela évite de se retrouver comme un lion en cage ou de courir contre les murs la tête la première au premier chamboulement que l’on se retrouve à subir. Raisons suffisantes pour commencer à jouer avec vos limites, qu’en pensez vous ?

« Si tu n’es pas bien quelque part, tu n’es pas un arbre, alors bouge ! »

Article par Fabien Botella Coaching tous droits réservés